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Droit du travail 2 min de lecture

L’origine professionnelle ou non-professionnelle de l’inaptitude du salarié

Stéthoscope posé sur un bureau, à côté d’un clavier

À l’issue d’un arrêt de travail, quel qu’en soit le motif, le médecin du travail peut décider de rendre un avis d’inaptitude.

Au-delà de l’obligation de reclasser ou non le salarié, se pose la question de l’origine de cette inaptitude, origine qui ne résulte plus de l’avis d’inaptitude puisque l’avis du médecin du travail ne comporte plus aucune mention indicative à ce sujet.

L’inaptitude d’origine professionnelle ouvre droit pour le salarié (article L 1226-14 du Code du travail) :

  • Au doublement de son indemnité de licenciement,
  • À une indemnité compensatrice dont le montant est égal à celui de l’indemnité compensatrice de préavis.

Néanmoins, l’employeur doit nécessairement être informé de cette origine professionnelle pour verser en conséquence au salarié les sommes dues à ce titre.

La Cour de cassation rappelle régulièrement qu’il suffit que l’inaptitude ait partiellement pour origine un accident du travail ou une maladie professionnelle (par exemple : Cass., soc., 20 novembre 2024, n°23-15.054).

Un lien de causalité qu’il revient au salarié de démontrer.

Aujourd’hui, l’un des éléments les plus probants est la demande d’indemnité temporaire d’inaptitude, formulaire remis par le médecin du travail à l’occasion de la visite médicale et qui doit être remis au salarié (qui en transmettra un exemplaire à son employeur et à l’Assurance maladie).

Le salarié peut également solliciter de la médecine du travail copie de son dossier médical.

Deux précisions en lien avec cette inaptitude :

  • La décision de la CPAM relative à la reconnaissance du caractère professionnel de l’événement (accident du travail ou maladie professionnelle) ne s’impose pas à la juridiction prud’homale dans la mesure où celle-ci n’est pas tenue d’adopter la même position que celle de l’Assurance maladie (ce qu’a encore très récemment rappelé la Cour de cassation),
  • Si le salarié refuse une proposition de reclassement qui lui a été soumise par son employeur à la suite de l’avis d’inaptitude et que ce refus est considéré comme abusif, le salarié ne bénéficiera pas des indemnités dues au titre de l’inaptitude pour origine professionnelle.

Il est donc particulièrement important d’être assisté d’un avocat en amont de la visite avec la médecine du travail afin d’éviter tout écueil.

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